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Crise instituto-identitaire

17/05/06 – Plusieurs des organismes but non lucratif francophones du Manitoba ont vu le jour dans les annes 1960,70 et 80, c'est--dire il y a de 20 40 ans. De ce groupe, font partie la Socit franco-manitobaine (SFM), le Centre culturel franco-manitobain (CCFM) et le Conseil jeunesse provincial (Cjp). Je mentionne ces organismes, car ils sont au centre de mon analyse communautaire actuelle. Selon moi, plusieurs de nos organismes francophones du Manitoba sont sujets une crise identitaire face une ralit sociale diffrente de celle qui existait au moment de leur cration.

C'est, selon moi, ce qui explique en grande partie les difficults vcues par la SFM, le CCFM, le 100 Nons, l'Ensemble folklorique de la Rivire-Rouge (EFRR), le Festival du Voyageur, et j'en passe. Tous ces organismes vivent des difficults internes et externes qui pourraient se rsumer en termes de rconciliation contemporaine . Je m'explique.

En 1960, le Qubec entre dans une priode de grande rforme sociale, connue sous le nom de rvolution tranquille. Dans un mouvement de lacisation de la socit (sparation de la politique et de la religion), les institutions sociales du Qubec prennent forme, mais la composition de la communaut demeure homogne pour quelques dcennies encore. La monte du mouvement souverainiste ( base gographique ) constitue une autre vague importante. La vision francophone du Canada est dsormais lie la province du Qubec (et non plus au Canada franais). Plus tard, Ren Lvesque parlera d'tre matres chez nous . Pendant ce temps, chez nous au Manitoba, nous sommes galement appels l'action. L'Archidiocse de Saint-Boniface n'est plus le porte-parole de la francophonie au Manitoba (tel qu'il l'tait dans le temps de Louis Riel par exemple). La lutte pour le droit l'ducation franaise prend une place centrale dans nos efforts. Nous aussi, nous nous distinguons en remplaant le terme Canadien franais (ou simplement Canadien dans le temps de Louis Riel) par le terme Franco-Manitobain . Ainsi voit le jour la SFM, porte-parole de la communaut et organisme dfenseur des droits des Franco-Manitobains.

Pendant les annes 1970, le rve de Pierre Elliot Trudeau est lanc : un Canada bilingue et multiculturel. Le projet redonne aux francophones de l'extrieur du Qubec un argument politique fdral fort face la popularit du mouvement souverainiste au Qubec. Le bilinguisme s'tend aux anglophones. Au Manitoba, nous leur donnons le nom de francophiles, c'est--dire des personnes qui parlent franais, mais pour qui le franais n'est pas la langue maternelle. Le multiculturalisme rpand la valeur de la diversit.

Lors des annes 1980, George Forest devient un incontournable du droit minoritaire francophone au Canada et il est finalement reconnu par sa propre communaut, qui lui doit la reconnaissance de ses droits. La SFM entre en ngociation avec la Province et la crise linguistique du Manitoba se vit des deux cts de la rivire Rouge (graffitis, vandalisme, menaces de mort, manifestations, etc). En mme temps, la mondialisation explose. Le Canada centre son idologie sur le multiculturalisme.

Au Manitoba franais, nous conservons nos arguments de nature historique : peuple fondateur et droits lgaux lis notre langue et notre culture. En mme temps, notre ralit communautaire continue voluer. La francophonie manitobaine inclut les francophiles, les immigrants, les Mtis, les familles exogames et les francophones manqus .

Et que faire de nos institutions ? La SFM parle d'agrandir l'espace francophone. La DSFM parle de recruter tous les ayants droit, le Festival du Voyageur mise sur la clientle anglophone, et le CCFM veut tre plus inclusif. La cration de nos organismes francophones a eu lieu dans une autre poque, dans le contexte d'arguments qui ne sont plus ncessairement d'actualit : droits historiques pour les nouveaux arrivants ? Article 23 pour des anglophones qui dsirent s'exprimer en franais ? De plus, nous avons obtenu le droit l'ducation en franais, mais avons-nous droit des fonds supplmentaires lorsque des groupes arabes, philippins, chinois ou autres pourraient aussi en demander ? Est-ce que la SFM existe pour dfendre des droits acquis (au risque de devenir dpasse), ou est-ce que la SFM est plutt le parrain du projet francophone au Manitoba ? Si oui, il y a de quoi tre inquiet. Car le fait est indniable : nous nous assimilons.

Nos organismes doivent se moderniser et se doter d'une vision qui reflte une ralit contemporaine. Le statu quo ne fonctionne pas. Le statu quo ne vient pas chercher le coeur de la clientle francophone. Le CCFM est sous-utilis par les francophones. Le 100 Nons a connu une rvolution interne concernant un besoin fort et inassouvi. L'EFRR a connu une rvolte interne face au manque d'volution de l'organisme. Le Festival du Voyageur se fait reprocher de mieux servir les anglophones que les francophones. La SFM se fait reprocher un manque d'inclusion et de pertinence dans ses activits. La DSFM se fait accuser de division et de dpenses injustifies. Pourtant, il s'agit des organismes autour desquels gravite tout le projet communautaire francophone du Manitoba. Mais ils inscrivent leur existence dans une socit dpasse. Il n'est plus question de maintenir la langue franaise au Manitoba. Il y a un besoin de dveloppement, d'volution et d'agrandissement (ce qui inclut l'inclusion et l'assimilation inverse).

Les malaises que vivent nos organismes ressemblent une priode transitoire. En d'autres mots, c'est une priode de conscientisation face un problme, une comprhension graduelle du rle qu'ils jouent, une priode de questionnement pour dfinir un nouveau projet et les moyens d'y parvenir. Nous ne sommes pas seuls. Partout au monde, les communauts doivent se rinventer : nations, villes, quartiers et groupes culturels et linguistiques. Ce dont nous avons besoin, plus que jamais, c'est d'un " visionnaire contemporain ", qu'il s'agisse d'une personne ou d'un organisme. Nous devons apprendre connatre la nouvelle ralit, en analyser l'impact sur notre projet communautaire et dcider comment utiliser nos institutions pour nous permettre d'atteindre nos objectifs. Pour ce faire, nous devons nous autoriser tre critiques, sans limite, mais croyants en l'avenir et optimistes. Aprs tout, l'tre humain est, de par sa nature, crateur et social. Btissons donc notre projet de socit sur mesure.

Eric Plamondon

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